Ainsi soit-elle

Bonhomme, elle te sidère, la vie !
Météore qui s’effrite,
Tu traverses le champ des astres
On contemple le firmament
Et après on se mord les doigts en regardant ses pieds
Les étoiles nous ramènent à notre injuste mesure
Elles ont des noms arabes Altaïr, Betelgeuse, Aldébaran
Leurs lumières nous fascinent. Aux confins, le noir…
Et moi ?  D’où suis-je ?
Le vide de l’espace nous rend plus démunis
Futur et passé sont inscrits dans le palimpseste du cosmos
On voit parfois la déesse dans sa robe de tulle avec sa traîne de poussière d’or
Une écriture d’avant l’alphabet
Nous raconte l’univers
Les illettrés flottent dans les vapeurs de l’aube crépusculaire
Tu cherches la clé des secrets du ciel et de la terre
Il t’obsède, le mystère du cul du monde
Jachère illimitée des trous noirs
Les champs de météorites et ses talus en transe
Les femmes ont de la matière dans leurs ventres
C’est d’elles que naissent les êtres éphémères
Ah, la dernière nuit des sacrifiés est toujours triste !
Sans l’homme ascendant, l’amour est morne
Les ignares y vont à coups de poings américains dans la gueule de la poésie
Le sexe se racornit dans les caleçons de l’aristocratie décadente
La taille de sablier de l’amoureuse de la forêt donne à songer
Tout se remplit de sens, la saga prend forme
Tout n’est qu’illusion :  Gag international !
Les fluides se mélangent sous les doigts d’un démiurge fou
Le poète se fait transmuteur de mythes
La gueuse, elle revient toujours et les défonce
A coups de marteaux
Sous les lustres étincelants, une gueule happe les isolés
C’est la routine

Devant la terreur
On s’amincit
On se détrouve
On se divise
On se fendouille
On se feuillette
On se calanche
On devient moins
Navrant, vraiment !
Et l’ordre s’effondre,
D’un seul coup…
La vie, elle, continue…

Jean-Jacques Brouard – Magma – 2020

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