PLUS LOIN
Un jour la mémoire passe
comme si l’automne avait fermé ses charmes
tout près la forêt seule
en vigile des faveurs
on repose
les laines basses des enfances
pour laisser un doigt
glisser sur le vêtement
et disperser lentement
les derniers veuvages
**
Une visite des lointains colore
elle devient le temps fébrile
d’une parure jetée au soleil
on déclame sa langue
sans aucune pause
pour y laisser la trace des voyelles
ajouter un chemin
aux éblouissements des verdures
comme dans le bonheur de hasard
**
Midi quand la chaleur cingle
les duels de l’espace et du temps
suspendus aux légendes passées
on pose le front
contre le drap des images muettes
celles du siècle dernier
remises dans les dédales
des pierres et du buis
ou bien on va plus loin
plus loin vers l’arbre simple
attentif à tenir son écorce