MIGUEL ÁNGEL CURIEL – Traductions

Poèmes de Ökologie (inédits)

Traduction de Miguel Angel Real

Photographie MA Real

Clase al sol

“Tu rostro prohibiría citar nada”
Alfred Kollerischt

El poema
dejó su luz,

el aire huele
a conejo,

pronto este bosque
será ceniza,

un recuerdo hacia adelante
como en algunos libros vacíos,

antes de ti ocurrió lo mismo,
mucho tiempo estuvo inundado,

aquí hay agua,
el sol se repite,

copias
perfectas,

mis poemas de ahora son
el eco de otros,

los discípulos se van
quemando despacio,

desde el odio
han debido de amar mucho,

está la miel amarga
del valle negro,

el aire roza las aguas
y levanta el polvo sin desdibujar el mundo,

la profundidad
es esto,

el poema
del sol

que se quema
en un solo día,

la ceniza después
cae

durante muchos años
de noche,

después
de vivir,

y el cielo
se cuartea.

——-

Cours au soleil

 » Ton visage interdirait de citer quoi que ce soit « 
Alfred Kollerischt

Le poème
laissa sa lumière,

l’air sent
le lapin,

bientôt cette forêt
sera des cendres,

un souvenir en avant
comme dans certains livres vides,

avant toi, la même chose est arrivée,
longtemps il a été inondé,

ici il y a de l’eau,
le soleil se répète,

copies
parfaites,

mes poèmes de maintenant sont
l’écho des autres,

les disciples
brûlent lentement,

depuis la haine
ils ont dû beaucoup aimer,

il y a le miel amer
de la vallée noire,

l’air effleure les eaux
et soulève la poussière sans brouiller le monde,

la profondeur
c’est ça,

le poème
du soleil

qui brûle
en un seul jour,

les cendres après
chutent

depuis de nombreuses années
la nuit,

après
avoir vécu,

et le ciel
se fissure.

**************************

un niño salta innumerables veces al agua desde una roca blanca, era yo,
pude serlo, debí serlo, más veces de cabeza que de pie, no sé porque tantas
veces nuestros actos son saltar de cabeza al abismo, así se dice chopo, lugar, cielo y yema, me dijo, escribe de la raíz, y no pude, la luz es la del primer día, la noche siempre vieja, la imagen es una serie de cerros de molasa y arenisca, se engasta el sol en los limos, de los remanentes de ti salgo, en el poema es de noche, se ven luces, vienes de ellas, el poema me erosiona así, cada vez que lo lee alguien una palabra se quema, lo lees tú y renace, no recordabas como era el sol de noche, en esa oscuridad una de las luces lo es, se relanza, vamos cambiándole el nombre cada día para que no muera, erial, indeterminación, entre malvas azules las campanillas negras adornan el mundo, a los pájaros les gustan estos suelos pobres, vacíos, el cielo, otro día, del suero negro de la noche el camino de gravilla negra hacia el mar, ahí acaba todo, el mar también en el cielo, y el cielo en otro día, mi árbol es el álamo, y entre miembros, falanges, términos, filas e hileras  ellos, la sombra del lúpulo al mediodía, el armazón donde se enreda… el podrido mundo se ve en estos limos, ahí abajo el sol, las estrellas que son soles fríos, tú rodeada de campos de colza, al final una ciudad de cristal, el quiste es la yema de la muerte, puedo quitarlo, pero vuelve, murciélagos blancos, no los veo, no se ven, a dios a medias en lo que solo se ve, de noche el cañaveral, se las oye, bailamos así, al aire se le oye, la luz hiere, ella, la llamo ella, gracias a ella brilla la muerte y se ennegrece la mano que sale de la sal, qué raro se hace escribir ahora para nadie, deambular para ti, rezarle con poemas de K. al sol, rezamos solos maldito sol a la aridez de esta tierra plúmbea, agotada pero serena, Breite, así se dice vientre, por escaleras de miedo y cuerdas, y la tocan, se cuelgan del cielo.

———-

un enfant saute d’un rocher blanc dans l’eau un nombre incalculable de fois, c’était moi, j’aurais pu être lui, j’aurais dû être lui, plus souvent la tête la première que debout, je ne sais pas pourquoi tant de fois nos actions consistent à sauter la tête la première dans l’abîme, c’est comme ça qu’on dit peuplier, lieu, ciel et bourgeon, m’a-t-il dit, écris depuis la racine, et je n’ai pas pu, la lumière est celle du premier jour, la nuit toujours vieille, l’image est une série de collines de molasse et de grès, le soleil est serti dans le limon, des restes de toi je sors, dans le poème c’est la nuit, on voit des lumières, tu en viens, le poème m’érode comme ça, à chaque fois que quelqu’un le lit un mot brûle, tu le lis et il renaît, tu ne te souvenais pas comment était le soleil la nuit, dans cette obscurité une des lumières est, elle est relancée, on change son nom tous les jours pour qu’elle ne meure pas, friche, indétermination, parmi les mauves bleues les liserons noirs ornent le monde, les oiseaux aiment ces pauvres sols vides, le ciel, un autre jour, du sérum noir de la nuit la route de gravier noir vers la mer, là tout s’arrête, la mer aussi dans le ciel, et le ciel sur un autre jour, mon arbre est le peuplier, et entre les membres, les phalanges, les termes, les rangs et les lignes ceci, l’ombre du houblon à midi, la charpente où il s’enchevêtre. .. on voit le monde pourri dans ces limons, en bas le soleil, les étoiles qui sont
des soleils froids, toi entourée de champs de colza, au bout une ville de verre, le kyste est le jaune de la mort, j’ai beau l’enlever, il revient, les chauves-souris blanches, je ne les vois pas, on ne les voit pas, dieu à moitié vu dans ce qui est seulement vu, la nuit la roselière, on les entend, on danse comme ça, on entend l’air, la lumière fait mal, elle, je l’appelle elle, grâce à elle la mort brille et la main qui sort du sel noircit, comme c’est étrange d’écrire maintenant pour personne, d’errer pour toi, de prier avec des poèmes de K. au soleil, nous prions seuls, soleil damné à l’aridité de cette terre plombée, épuisée mais sereine, Breite, c’est ainsi qu’on dit ventre, par des escaliers de peur et de cordes, et on la touche, on se pend au ciel.

 

 

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Escorrentías

en la escorrentía
se ve

lo que hizo
el agua

se ve la escorrentía
y nunca el agua

siempre seca

tu rostro es así

la escorrentía
que hizo el amor

se ve,

el cielo es una boca triste, nunca muere D., ahora es el tiempo de la
humildad, de separar la m. de la luz, ese sol es tu regalo, te doy estas
palabras, ver-
tigo,
mun-
do
a-
mor,

como en las explotaciones
de oro
hay que destruir
el terreno,

disolverlo
con grandes chorros
de agua,

lo que queda del amor
hay que buscarlo así,

destruyendo y
disolviendo
la luz.

——–

Ruissellement

dans le ruissellement
on voit

ce que l’eau
a fait

on voit le ruissellement
et jamais l’eau

toujours sèche

ton visage est comme ça

le ruissellement
que l’amour a fait

on voit,

le ciel est une bouche triste, il ne meurt jamais D., il est maintenant
temps pour l’humilité, de séparer la m. de la lumière, ce soleil est ton
cadeau, je te donne ces mots, ver-
tige,
mon-
de
a-
mour,

comme dans les mines
d’or
il faut détruire
le terrain,

le dissoudre
avec de grands jets
d’eau,

ce qui reste de l’amour
doit être recherché de cette manière,

en détruisant et
en dissolvant
la lumière.

 


Miguel Ángel Curiel, Korbach Valdeck, Allemagne, 31 mars 1966, poète espagnol.
Miguel Ángel Curiel est un adepte de la poésie. En 2000, il a été finaliste du prix Adonais avec son livre El verano. Depuis lors, son œuvre poétique s’est définitivement éloignée des tendances poétiques dominantes en Espagne, jusqu’à développer une voix originale et inhabituelle dans la poésie espagnole actuelle afin d’approfondir sa propre recherche dans son monde intérieur avec la plus grande radicalité, la nature et la mise à nu de l’homme d’aujourd’hui étant des scénarios où les grands drames de l’existence s’assemblent et se déroulent. Il effectue une réécriture de la culture européenne depuis les limites du langage pour développer sa propre voix, qui peu à peu s’est imposée sur la scène actuelle de la poésie espagnole. Une écriture sombre et en même temps lumineuse, qui dans ses livres successifs est dépouillée jusqu’à devenir de plus en plus diaphane. Il est l’auteur d’une œuvre lucide où l’on aborde les grands thèmes qui accompagnent l’être humain, comme l’amour, le temps qui passe, la vie, le vide ou l’existence.
Son œuvre poétique est rassemblée dans le livre Eulalia, poésie 2000-2020, Amargord, Madrid, 2021. Depuis 2021, Miguel Ángel Curiel est chargé de cours au master d’écriture poétique de l’Escuela de escritores de Madrid.

 

Œuvres (poésie)

Piedras (1999), A la Luz del Candil. Premier prix de poésie, ville de Móstoles.
El verano (2001), Rialp, Collection Adonais, finaliste du prix Adonáis.
Hálito (2004), Vitruvio. Prix de poésie Eladio Cabañero, Tomelloso.
Un libro difícil (2005), Société culturelle Valle-Inclán, Prix Esquío.
– Mal de altura (2006), Añil.
Por efecto de las aguas (2007), Rialp, Collection Adonais. Prix San Juan de la Cruz.
Diario de la luz (2008), DVD, Prix Ciudad de Mérida.
El principio del mundo (2009), Lleonard Muntaner, Premi Vila de Martorell.
Los sumergidos (2011), Añil, Almud. Castilla la Mancha.
Luminarias, Cuaderno de Roma (2012), Amargord.
Hacer hielo (2012), Publications de l’Université populaire José Hierro, Prix national de poésie José Hierro.
El agua : poesía 2002-2012 (2014), Tigres de Papel. Finaliste du prix national de poésie 2013
El Nadador, Editora regional de Extremadura 2018. finaliste du prix national de poésie 2017
Fábrica de la Seda, El sastre de Apolinaire, 2018.
Jaraíz, Editorial Amargord, Madrid, 2019.
Luminarias 2009-2019, Editorial Amargord, Madrid, 2020.
Trabajos de ser sólo hierba (2021), maison d’édition Los Libros del Mississippi.
Eulalia, poésie 2000-2020, Editorial Amargord, Madrid.

 

 

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