Traductions – Mario Álvarez Porro (Espagne)

 

Traduction par Miguel Ángel Real

De Fe de horizonte (Ed. De_Sastre, 2015)


sólo con el corazón se puede ver bien;
lo esencial es invisible para los ojos
Antoine de Saint-Exupéry


más allá de la tierra
hacia el final del cielo

no
no duerme el animal

que fulgurado
de sembrar fractales de luz
hasta carbonizar sus manos

ciego de claridad
ya sólo ve de corazón
sí
su nombre es horizonte
y ésta

es su fe

 

On ne voit bien qu’avec le cœur.
L’essentiel est invisible pour les yeux.
Antoine de Saint-Exupéry


au delà de la terre
vers la fin du ciel

non
l’animal ne dort pas

qui fulgurant
après avoir semé des fractales de lumière
jusqu’à carboniser ses mains

aveugle de clarté
ne voit plus qu’avec le cœur
oui
son nom est l’horizon
et voici

sa foi

 

***


De Negociando el dolor (Ed. En Huida, 2011)

XXVI

la claridad nunca viene sola
donde se apagan las estrellas
nombrar al dolor
para la definición de lo exacto

 

XXVI

la clarté ne vient jamais seule
là où les étoiles s’éteignent
nommer la douleur
pour la définition de ce qui est exact


***

De Ultimas palabras (Ed. En Huida, 2024)

 

Para que un río sea un río,
para que un árbol sea un árbol,
no debe cambiar su dolor,
tampoco hay necesidad de nombrarlo.

No todo tiene por qué ser palabra.
Los nombres se adueñan de todo,
incluso de aquello que no precisa
de ningún modo ser nombrado.

Olvidemos el nombre de las cosas,
olvidemos el nuestro propio.
Detengámonos en fluir como un río,
en elevarnos como un árbol,

tan torpe,
tan libremente,

en ser naturaleza
                                   abandonada a sí misma.

 

Pour qu’un fleuve soit un fleuve,
pour qu’un arbre soit un arbre,
sa douleur ne doit pas changer,
il n’est pas nécessaire de le nommer non plus.

Tout n’a pas à être un mot.
Les noms s’emparent de tout,
même de ce qui n’a aucunement besoin
d’être nommé.

Oublions le nom des choses,
oublions notre propre nom.
Arrêtons-nous pour couler comme un fleuve,
pour nous élever comme un arbre,

si maladroitement,
si librement,

pour devenir une nature
livrée à elle-même.


***


Mario Álvarez Porro (Séville, 1977), titulaire d’une licence en Philologie hispanique à l’Université de Séville et d’un master en Formation et recherche littéraire et théâtrale dans le contexte européen, professeur de langue et de littérature espagnoles.
Il a publié cinq recueils: Negociando el dolor (2011), La palabra en llamas (2013), Fe de horizonte (2015), Fragmento de la nada (2018) et Últimas palabras (2024). Ses poèmes et articles sont publiés dans des revues papier et numériques telles que Groenlandia, En sentido figurado, Herederos del kaos, Luz Cultural, Cuadernos de creación, Universo la Maga, Ocultalit, Nueva Grecia ou Culturamas.
De même, ses textes figurent dans des anthologies telles que Caleidoscopio (Séville, éd. Padillalibros, 1997) et Especial Poesía Andaluza (revue numérique En sentido figurado, éd. José Gutiérrez Llama, Mexique, année IV, n° 5, juillet-août 2011).
En tant que chercheur, il concilie son activité de critique littéraire dans des revues culturelles avec ses études de doctorat sur l’œuvre de Rafael Cansinos Assens. Il est actuellement membre de la Fondation Archivo Rafael Cansinos Assens et du projet de journalisme visuel Sonda Internacional.
Pour plus d’informations : https://marioalvarezporro.wordpress.com/ 

 





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