Le point d’orgue interrogatif (Clément Pansaers)

Créature éphémère et fantasque, météore de la littérature, précurseur Dada devenu Nada, Clément Pansaers (1885-1922) publia trois livres brefs avant de disparaître de la scène (enfin, pas complètement, pour preuve). Dans l’un de ceux-ci, Bar Nicanor1, publié en 1921 à Bruxelles, excepté la présence de tirets et l’ordonnancement original de blancs et d’alinéas, Pansaers place en bout de ligne et en justification à droite un point d’orgue interrogatif, qui constitue l’unique élément de ponctuation de son œuvre. Dans le contexte où il se place, fait de propositions heurtées et d’images volatiles, qui paraissent le résultat d’une écriture semi-automatique, il est assez difficile de définir clairement ce qu’il exprime. Pour ma part, cet agencement typographique me semble évoquer, en lien avec l’extrait suivant, la forme d’un sein entrevu. L’extrait commence en page paire par « les insexués »… et se prolonge en page impaire comme suit :

Clément Pansaers, Bar Nicanor (éditions Allia, Paris, 2005).

1 « Au deuxième siècle après J.C., le grammairien grec Nicanor a écrit De la ponctuation en général, en six livres ; il proposait huit marques de ponctuation, correspondant à un système qui s’est avéré trop complexe pour être utilisé. » Gérard Bertolini, La Ponctuation en liberté – Histoire d’une subversion, éditions L’Harmattan, Paris, 2021.

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