Traductions valencià-français – Imma López Pavia

Un poème de Atles temporal, Pagés editors, 2026

Traduction par Beatriz Marrodán Verdeguer

CRÒNICA I

Quan Jules i Jim corrien per París en blanc i negre,
un altre món maldava per nàixer. Sonaven les trompetes
de l’Apocalipsi i la crisi dels míssils a Cuba anunciava
una fi del món concreta i nuclear. Sonaven campanes
de mort per a Norma Jeane i el destí va atrapar Marilyn.
Cursum perfidio. Mataren Kennedy, es van acabar
les històries de Camelot. En abril de 1968 el somni
de Luther King es va interrompre mentre al Royal
Albert Hall Massiel cantava vestida de Courrèges.
En maig els estudiants regiraven les llambordes
de la Sorbonne per si hi trobaven la platja. Sense primavera
a Praga. A Califòrnia, però, els joves s’omplien de flors
els cabells. S’apressaven a fer l’amor mentre el napalm
ruixava tots els verds de Vietnam. Les joves cantaven
als cementeris “Where have all the flowers gonne?”.
Aquell estiu de televisors al carrer, Armstrong i Aldrin
van posar un peu a la lluna. Les pantalles van esdevenir
l’espill on mirar la realitat. Els homes anaven a treballar
a Alemanya, a veremar a França, aquells trens de llum
de pixum s’omplien de maletes. Olor a pernil.
Amb els diners el pare es va comprar un 600 dues portes,
a ella li va portar una caseta de música. Sonava Bach.
En estiu van anar d’excursió a Benidorm i va descobrir
l’escuma de les ones i aquella piscina blau de Hockney.
D’un blau vida. De fet, no en sabien res de la vida,
a l’escola la mestra deia que el groc era “amarillo”.
Pel carrer encara passaven ramats d’ovelles
i feia olor de fem. Aquell gener va fer molt de fred.
Sense saber què passava va començar
a sagnar.

Imma López Pavia, Atles temporal, Pagés editors
XXVé Premi Maria Mercè Marçal. 2023

 

CHRONIQUE I

Quand Jules et Jim couraient dans Paris en noir et blanc,
un autre monde s’acharnait à naître. Les trompettes
de l’Apocalypse retentissaient, et la crise des missiles à Cuba annonçait
une fin du monde concrète et nucléaire. Les cloches
de la mort sonnaient pour Norma Jeane et le destin rattrapa Marilyn.
Cursum perfidio. Kennedy fut assassiné, les histoires
de Camelot prirent fin. En avril 1968, le rêve
de Luther King fut interrompu tandis qu’au Royal
Albert Hall Massiel chantait et portait du Courrèges.
En mai, les étudiants retournaient les pavés
de la Sorbonne pour voir s’ils y trouvaient la plage. Pas de printemps
à Prague. En Californie, pourtant, les jeunes se couvraient les cheveux
de fleurs. Ils se hâtaient de faire l’amour tandis que le napalm
arrosait tous les verts du Vietnam. Les jeunes femmes chantaient
dans les cimetières « Where have all the flowers gone? ».
Cet été-là, celui des téléviseurs dans la rue, Armstrong et Aldrin
posèrent un pied sur la lune. Les écrans devinrent
le miroir où regarder la réalité. Les hommes partaient travailler
en Allemagne, vendanger en France, ces trains de lumière
et de pisse se remplissaient de valises. Odeur de jambon.
Avec l’argent gagné, le père s’acheta une 600 à deux portes,
pour elle, il rapporta une petite boîte à musique. On y écoutait Bach.
En été, ils partirent en excursion à Benidorm, et elle découvrit
l’écume des vagues et cette piscine bleue de Hockney.
D’un bleu de vie. En réalité, ils ne savaient rien de la vie,
à l’école, la maîtresse disait que le jaune était « amarillo ».
Dans la rue, des troupeaux de moutons passaient encore
et ça sentait le fumier. Ce mois de janvier, il fit très froid.
Sans savoir ce qui se passait, elle commença à saigner.




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