Evanescence

C’est le silence pour le silence…
Une envie, un désir de silence
Le chat s’enfouit dans le noir du velours
Un astre furtif emplit le ciel de son ombre
Les souffles des morts se ruent sur l’âme
Dans le silence de la chambre
Sous le soyeux de la robe de soie
Le velouté du chat lové
Comme une offrande sacrée
Essoufflé de la mort si lente
Que le désastre offre à l’homme
C’est le félin véloce qui rugit dans le soir
Sous le sombre azur que le vent fait frémir

                         YM

Poème de l’adieu

                                                     à R.

Ainsi va le cours des choses
Arrêt sur image de mort
Et dans le ciel quand même la lumière
Tu auras vu l’inouï
Tu auras aimé l’aurore
Tu auras su l’exquis
L’horreur absurde
Et l’amour
Si les eaux troubles noient les cœurs des victimes
Si l’odeur de néant sature les nez des malheureux
Si la poussière moisie étouffe les cris des torturés
Si le navire dans le port n’embarque plus les amants du soir
Pourtant même la porte refermée
Des fleurs pousseront sur ta tombe
Des flammes jailliront de ton souvenir
Des étoiles naîtront de ton être
Des enfants diront ton nom
L’embrasement des sourires éclairera les bois sombres
Et sur les champs gris l’or du grand couchant répandra ses éclats
Et sur la mer obscure la lumière éclatante de l’esprit coulera ses étincelles

Et dans nos vies brillera ton image toujours

 

Le poète disparu

J’ai défini quatre points…

J’ai défini quatre points j’ai engrangé
Des milliers de stoïciens jambes croisées
J’ai ressenti la douleur flatter pourquoi
L’être le thé refroidit la fumée s’estompe
Rendant le plafond poisseux calligraphie
Ordinaire du temps pluvieux les ornements
Ne représentent pas tous les ossuaires
Quelques fois ils se suffisent à eux-mêmes
Rendant propice les aliénations
D’hallucinations en prothèses de hanches
La population se délite plus que filaments
Plus que cours d’eau plus que rien

Thierry

MER DE L’ORIGINE

Une ivresse du désir ressurgi
La nuit de la douceur
Les yeux bleus de l’oubliée
Mais murie, plus belle encore…

 

Le passé éprouve l’avenir
La nuit diffuse sa clarté
Dans les souterrains obscurs du songe
Une caresse de l’esprit

 

Le temps enfin s’éprouve
Le poète est libéré de ses astreintes
La mort peut venir
Il a les mains libres

 

Entends les gouttes heurter
Les pierres de la maison
Ecoute la mer flirter
Sens les caresses de la saison

 

Le silence enivre les sens
On perçoit bien l’éternité
L’obscur néant est le chaudron
L’inanimé devient vivant

 

La mélopée de l’infini
Plonge le cœur dans l’eau primale
Vol des pensées dans le flot bleu
Qui monte des abysses du rêve

 

Pulsation des grands trous
Où la matière nous inonde
Ecartelés contre nous-mêmes
L’intuition vive de la lumière

 

La peau se tend comme un désert
Répand son grain sur l’autre corps
Tout saupoudré de son plaisir
Sable je te veux encore

 

Venez amis vider vos coupes
A la fontaine des grands vins
Eprouvez la vie qui s’en va
Et qui sans cesse reviendra

 

Soudain l’étoile en un cristal
Et l’étincelle des ténèbres
Volupté des vieux mystères
Sage beauté de l’univers

ICARE

lubies enfantines…

lubies enfantines nées du papier blanc
magie de la création
là où le brouillard des chiffons broyés
est le labyrinthe vierge
où l’âme se regarde naître
ah, l’amour des formes arrachées
au bloc compact du roc intact !
la douce et sonore beauté du signe graphique
qui multiplie les chances d’entendre les silences
le passé se replie sur l’aire du futur
là où les rêves ont échoué
sur les récifs de notre impuissance
nous sommes les fantômes de ce présent
qu’on ruine
l’absente sera toujours l’innocence

Silène