L’éphémère

Je rêve d’attraper
l’instant précis
où le jour
devient nuit.
Pour assouvir ma passion de l’inutile.

Je rêve d’arrêter le temps.
Briser une horloge de plus
n’est pas la solution.
Je tâcherai de dissoudre mon espérance
dans une bassine d’eau chaude.

Miguel Angel Real

Par définition

Chercher la potion
de l’éternelle jeunesse
dans la pluie éphémère
est impossible.

Miguel Angel Real

En jardinant

Dans l’arbre de l’oubli
j’ai greffé un rêve.
Évidemment,
il s’est fané.

Miguel Angel Real

ASSIS SUR LE VENT

Aucun cadeau ne
Leur sera fait pourquoi
Le faudrait-il à l’heure
Où les fondations s’écroulent

L’arbre perpendiculaire
Se dit que le vent exagère
Ne serait-ce que pour tenir
L’étagère l’arbre ne peut

Le strapontin s’agrippe
Il le faut le radeau coule
Le rideau s’y accroche
Les mains glissent les
Strapontins se referment
Les impairs plus rapidement
Que nous pourrions le croire

Assis sur le vent
Face aux déferlantes
Le soleil me brûle
Le soleil me hume
M’amplifie et m’explose
Fines particules au vent

Sur le monticule apparaît
L’arête dorsale de celle-ci
Suintent mille larves descendant
Le tertre absorbant la lumière

Trace de feutre trace de pleutre
La sourdine est mise l’expérience est
Là passé futur  quelle importance
Diront les rosiers en fleurs

Le débarras sombre encombre
Les histoires
Le débarras sombre décombre
Les enterrés

Le canal dans la verdure
Zèbre la campagne les péniches
Emplies de charbons passent indifférentes

Les parois lisses
Mettent en brindilles les futurs oiseaux

L’homme affalé sur le comptoir
Ne peut plus que sa vie boire

La nuit vers Bordeaux
Les musiciens frappent de petits marteaux
Eveillant les rives

La fatigue prend le corps
Eclairant la nuit de sa blanche face

L’homme s’endort
Tourne la tête et voit parlant
Un individu au phrasé trépidant

La pluie fait des ruisseaux
Les enfants viennent éclater
Mille gouttes aux coteaux
Plantés d’immenses mûriers

L’envie des nectars
Humidifie le séduire goguenard

A perdre le souffle de l’ultérieur
Ils se feront pilleurs
De leur propre demeure

Je ne cours nulle part
A part dans les escarres
Escarpées de la peau flétrie

Les ombres
Des années infinies
Monologuent sur l’espace

Thierry T