Gélinotte

Je vis chemin faisant
Gélinotte des rochers
Se prenant pour faisan
Se laisser approcher

Elle prit son envol
Au jour noir des murmures
Griffant ses plumes de col
Dans un buisson de mures

Quand l’oiseau forestier
Rapide effleura ma tête
J’étais seul au Montdenier
Tout là-haut sur la crête

J’allais dessous l’azur
Manteau si bleu de Madone
Dans les arbres au ciel pur
Où la brise fredonne

J’arrivai sans mégarde
Au virage d’un sentier
Quand soudain surgit un garde
Qui voulut mes papiers

– Vous êtes à la chasse !
– Oh non, je suis sans fusil !
– À la géline qui passe,
Vous chassez, je vous dis !

– Mais non, monsieur le garde,
Moi, je contemple, c’est tout !
– Contrevenant qui regarde
À l’État doit des sous !

Gérard Camoin, in « Les Sentes bleues » – à paraître.

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