Photographie : A. Rivière Kéraval
11.VIII.25, 22h02
C’est toujours la même chose :
La nuit ne m’inspire rien de bon,
Son silence est mon œil du cyclone.
Comme si le jour gardait le secret
De ta voix et de ton souvenir.
Alors je n’ai que le poids de ton collier
Sur mon torse pour ne pas me noyer
Dans les eaux noires.
***
11.VIII.25, 00h21
Ce soir-là, sur le pavé,
Les chevilles suspendues,
Et les yeux noyés dans le fleuve,
Nous reposions nos tempes
Sur nos épaules.
Nous devinions des cygnes dans l’ombre,
Entendions le bruit des terrasses
Et de pas anonymes sur ce pont en bois.
Pourtant, qu’ai-je retenu de tout cela
Hormis,
L’amplitude de tes bras,
L’odeur de tes cheveux embaumés
De soleil couchant,
Le parfum d’une nuit d’adieux
?
28.VII.25, 00h49
Les vagues crépitent,
Des brises sans cap
S’écrasent le long de la côte.
Peut-être s’ouvrira une brèche
Dans les limbes,
Une porte dérobée
Vers notre mémoire
Pour que je puisse enfin
T’entendre murmurer
Que demain n’est plus si loin.
***
Charles Garatynski est né en 1998 à Bordeaux. Il a grandi aux côtés de sa mère — une peintre d’origine polonaise, arrivée en France en situation irrégulière. Son écriture oscille entre une ironie douce-amère et un lyrisme discret, teinté de mélancolie. Il écrit de la prose, de la poésie et des textes pour le théâtre.
Lauréat du prix Pampelune 2025, il publiera prochainement des nouvelles dans les revues Marginales, Traversées et La Revue des Ressources, ainsi que plusieurs poèmes dans les numéros à paraître de Lichen. Il écrit également en polonais — notamment de la prose dans e-eleWator et de la poésie dans Wydawnictwoj.
Ses travaux de recherche portent aussi sur la littérature polonaise, qui constitue pour lui une source d’inspiration majeure. Le 17 septembre 2025, il a présenté une communication à la conférence internationale Embodied Experience, Emotions, and Creativity (Université Doğuş, Istanbul), consacrée à la corporéité et à l’affect dans l’œuvre de Schulz, Witkiewicz, Gombrowicz et dans sa propre pratique d’écriture contemporaine. Il a imparti également, le 24 septembre 2025, une communication lors d’un colloque international à Orléans sur le dialogue entre l’œuvre de Bruno Schulz et la littérature française. Il est intervenu lors du colloque « Faire corps avec le passé : exposer l’histoire par les pratiques corporelles » (Autun,Université de Franche-Comté, 4–5 décembre 2025), avec une communication consacrée au théâtre de Witkiewicz.

