Photographie : A. Rivière Kéraval
Le ciel se rapproche
Je puis dès lors
forer le langage
surseoir à l’obscurité.
***
Les mots amplifient
la pauvreté
de ce que je veux dire
et sombrent
la mer
aux lèvres.
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On partage l’hiver
la neige dans les tiroirs
l’érosion commune
on se désaltère aux avalanches
***
Les couleurs se dénudent
J’ai trouvé un espace derrière
les vagues se croisent
dans la chambre
transparente
Aujourd’hui le silence est plus grand
et
l’espace
Aussi.
***
Les murmures tressent
une cloison
séparée
par
l’inarticulé
***
Depuis longtemps
les os insistent
pour s’affranchir du corps
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Le vent grave
l’ombre des fougères
dans tes yeux
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nos années
fondent sur une pierre
de vapeur
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Le fruit moisi
sans heurt
lisibilité de ce qui a été
perdu
***
