J’ai des arbres sous ma peau
une terre et des orages sous mes paupières
Et mes bras bien trop courts
pour saisir l’incantatoire désir
accroché aux rires des cimes
épuisées de cosmos
J’ai un demi siècle et je contemple médusé
s’affoler la brume
s’éclipser les soleils
s’accorder les aubes
Et mes rêves bien trop longs
pour gravir un réel inaccessible
Sous mes doigts écarquillés
je recherche un seul sourire
alors je lui écris à l’infini
***
Je regarde des ombres brisées
juste après un feu de buis
Refluent les pierres
fossiles flottants
Je serre alors une chaleur froide
un temps noirci de lumière
S’envolent des écorces de pensées
volutes de cendres bâties
Et mes mains creusées d’ignorance
Je les regarde s’éclairer
posées sur le reflet d’une enfance
assourdie de non-dits
Souffle coupé tombées d’un mur
ces ombres de silex me parlent
de cette vie de sable
Je la tamiserai sans trembler
***
S’effritent mes nuits
et je deviens poussière
Nuées de graphite
contre mon corps
Elles frottent mes yeux
s’agglutinent dans mes mains
J’entends sourdre alors
un visage entre mes doigts
Éclosion d’un regard
obsédante flamme
Os de pierre enfance
fracturée par l’écriture
Et mon œil saigne
j’y vois soudain trop
Mes paupières de verre
ne retiennent plus
l’écoulement du sens
Mai 2026
