Journal des visions diurnes

Globules indéfinis aspirés malgré tout
Dans les tubes sinueux de notre machine
Le concept ignoré de beaucoup d’entre nous
Ce qui compromet l’expansion voulue de notre univers intérieur
Et ses voluptueuses contractions
De temps en temps
Pour le rêve
A l’état de veille
La chambre soumise
Au glouglou de l’appareil à assécher
La conscience floue
Pour cristalliser le songe humide encor d’amour
Vibrations des acariens dans l’oreiller philosophique
Comme un murmure sibyllin
Dans l’air ambiant qui sent le vieux livre
Un corps masculin vautré sur le blanc des draps vaporeux
Qui n’a pas vocation à respecter l’immobilité requise
Pour une profonde et fertile méditation
Un dieu antique qui veut qu’on l’aide
A s’affranchir de deux anges sortis du mur
Nous les clouerons avec des aiguilles de haine
Sur le cadre du miroir qui nous hante
Monde visité fait de multiples collages
Et d’une spirale d’utopies
Bourlinguer pour voir à travers les murailles de pierre
Dressées entre les êtres
Pour que l’éternité existe enfin
L’écriture se fait chair, le temps comestible
La bave des gargouilles est notre chant sacré

M. d’Harschmüll, tiré de Transes bleues, 2018

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