Traductions – Iván Vergara

Poèmes de “Era hombre, era mito, era bestia”, Ed. Ultramarina, 2013
Traduction par Miguel Angel Real

NADIE TE DIRA CÓMO MUERE EL TIEMPO,
nadie te dará señas de su azar
ni te dira cómo vencer su esfuerzo.
El tiempo es un aire estático,
lo transcurrimos

no habrá quien te hable de la angustia de las eras,
quien decida que frente a los espejos reinará el vacío,
quien decida que la noche hablará por sí misma,
que no habrá perros suficientes para la hoguera

no habrá quien te diga qué piramides son falsas,
cómo rescatar la palabra del conato clasificatorio,
cuánto andar errante conducirá a la voz
de un tiempo ebrio de sequía,
denso de almas errantes

no habrá quien te diga cuán estériles son estos verbos,
el reloj sabrá de sí y será en el reflejo del hombre
un océano sin islas, un océano sin tierra que conquistar

PERSONNE NE TE DIRA COMMENT LE TEMPS MEURT,
personne ne te renseignera sur son hasard
ni ne te dira comment vaincre son effort.
Le temps est un air statique,
nous le traversons

il n’y aura personne pour te parler de l’angoisse des ères,
pour décider que face aux miroirs le vide régnera,
pour décider que la nuit parlera en son nom propre,
qu’il n’y aura pas assez de chiens pour le bûcher

il n’y aura personne pour te dire quelles pyramides sont fausses,
comment sauver la parole de la tentative de la classifier,
combien de démarches errantes conduiront à la voix
d’un temps ivre de sécheresse,
dense d’âmes errantes

il n’y aura personne pour te dire à quel point ces verbes sont stériles,
l’horloge se reconnaîtra et elle sera dans le reflet de l’homme
un océan sans îles, un océan sans terre à conquérir

***

COMO CUANDO EL HAMBRE INTENTA MORDERME,
de igual manera me arranca la saliva el alma,
la distancia en la memoria de la tarde
y lo inmenso que se pierde en su boca

planeo entre cerros,
caigo envuelto en nubes y callo,
apenas alimento
caigo en sus palabras y permanezco fiel

atado a sombras que me transcurren,
aúllan como humanos:
igual fingen la vida igual fingen olvido,
algo se enciende en su caverna,
muestra un tatuaje forjado al alba,
un fuego que brota ausente
en la nada que surge como si nada

no hay palabra en su viento,
cada tumba suya es una caricia a la tierra,
su palabra es la ausencia de diablos ciegos,
diablos que acostados sonríen
apagan la luz

caemos hondo

COMME QUAND LA FAIM ESSAYE DE ME MORDRE
de la même façon l’âme m’arrache la salive,
la distance dans la mémoire du soir
et l’immensité qui se perd dans sa bouche

je plane entre les collines,
je tombe enveloppée dans les nuages et je me tais,
aliment à peine
je tombe dans leurs paroles et je reste fidèle

attaché aux ombres qui me traversent,
qui hurlent comme des humains:
elles font peut-être semblant d’être vie, semblant d’être oubli,
quelque chose s’éclaire dans leur caverne,
ça montre un tatouage forgé à l’aube,
un feu qui jaillit absent
dans le néant qui surgit comme si de rien n’était

pas de parole dans son vent,
chacune de ses tombes est une caresse à la terre,
sa parole est l’absence de diables aveugles,
des diables qui sourient couchés
qui éteignent la lumière

on tombe dans les profondeurs

 

***

MORIMOS TODOS LOS OTOÑOS ENTRE SEVERAS ROCAS,
en las palabras diminutas, en la boca de los árboles;
morimos con pena animal
pretendiendo esquivar el tiempo

subimos a la muerte por compromiso
y nos volcamos al mundo con la pena
que tuvo que presentir el primer asesino,
y no había manera de regresar la vida,
cuando todo era una fuga permanente

antes de morir hablaron las rocas,
pensaron ritos pero sus palabras eran un canto

morimos todos los otoños entre severas rocas,
sin que ellas ni nosotros
recordemos cómo alimentarnos
pues antes éramos barro,
era suficiente ser tierra

NOUS MOURRONS CHAQUE AUTOMNE ENTRE DES ROCHERS SÉVÈRES,
dans les mots minuscules, dans la bouche des arbres;
nous mourrons avec un chagrin animal
en faisant semblant d’esquiver le temps

nous grimpons vers la mort par obligation
et nous nous jetons dans le monde avec la tristesse
que le premier assassin devait sentir,
et il n’y avait aucun moyen de revenir à la vie,
quand tout était une fuite permanente

avant de mourir les rochers ont parlé,
ils pensaient à des rites mais leurs paroles étaient un chant

nous mourrons chaque automne entre des rochers sévères,
sans que ni nous ni eux
ne nous souvenions de comment nous nourrir
car avant on était de la boue,
il suffisait d’être terre

***

 

Iván Vergara (Mexique, 1979). Poète, musicien, éditeur et gestionnaire culturel, il crée constamment des liens entre l’Europe et l’Amérique (Espagne, Royaume Uni, États Unis, Mexique, Chili…), comme le démontre par exemple sa « Plataforma de Artistas Chilango Andaluces » (PLACA).
Il a participé dans de très nombreux événements culturels comme acteur, directeur de théâtre, réalisateur de court-métrages ou encore présentateur radio. Il a publié les recueils « Montañas de Aurelia » (Homoscriptum, New York, 2011) et « Era hombre, era mito, era bestia » Ed. Bilingue anglais- espagnol, Ultramarina, 2013. Il dirige les éditions Ultramarina Cartonera Digital depuis 2009.
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www.facebook.com/plataformaplaca
www.editorialultramarina.com

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