Traductions – Cecilia Pontorno

 

Photographie MA Real

Traduction par Miguel Ángel Real

1
Para hablarle a la mañana quieta
dejé un poco de silencio
un susurro
en el vuelo de las hojas

un poco de aire escondido en el aire

Cuando digo su nombre
el amor se arroja sobre la palabra mansa
para empezar el día con el alma llena de agua
y de pájaros.

Pour parler au matin calme
j’ai laissé un peu de silence
un murmure
sur le vol des feuilles

un peu d’air caché dans l’air

Quand je dis son nom
l’amour se jette sur la douce parole
pour commencer la journée avec une âme pleine d’eau
et d’oiseaux.

2
A veces, encuentro
las manos de mi madre
sosteniendo una oración para su madre.

Hace treinta años
sucedieron cosas bellas.
Ahora, están cubiertas
por una nieve parda;
una mirada perdida en la ventana,
los restos de la Navidad
más triste de mi vida,
las cartas de amor
que escribí cuando era niña.

Está bien, el cuerpo guarda
la tierra que pisamos,
la tierra puede ser
nuestro país y nuestra sangre
si dejamos de pensar
en la vergüenza como un páramo.

La oración de mi madre
tiene voz de madre
y la tristeza de Dios cuando pregunta.

Parfois, je trouve
les mains de ma mère
qui tiennent une prière pour sa mère.

Il y a trente ans
de belles choses sont arrivées.
Maintenant, elles sont recouvertes
d’une neige brune ;
un regard perdu dans la fenêtre,
les restes du Noël
le plus triste de ma vie,
les lettres d’amour
que j’écrivais quand j’étais un enfant.

C’est bon, le corps garde
la terre sur laquelle nous marchons,
la terre peut être
notre pays et notre sang
si nous arrêtons de considérer
la honte comme une plaine déserte.

La prière de ma mère
a la voix d’une mère
et la tristesse de Dieu quand il nous questionne.

 

3
Un lobo duerme
sobre las cenizas de mis ojos
el silencio
como rocío
cubre su cuerpo mínimo

una selva de fuego
penetra el aire
lo vuelve azul

la noche es un rincón alejado
después del manto que la cubre, un manto cubriéndola, y así

la eternidad comienza
con un lobo dormido y una noche en suspenso

el caos se inquieta
el azul cansado muerde el grito de la tierra
y una ciudad, temblando
se eleva

Un loup dort
sur les cendres de mes yeux
le silence
comme la rosée
couvre son corps minimal

une jungle de feu
pénètre l’air
le rend bleu

la nuit est un recoin éloigné
après le manteau qui la couvre, un autre manteau la recouvre, etcétéra

l’éternité commence
par un loup qui dort et une nuit en suspens

le chaos est agité
le bleu fatigué mord le cri de la terre
et une ville, tremblante
se lève

Cecilia Pontorno (La Plata, Argentine, 1979) est poète, enseignante en école maternelle et professeur de psychologie. Elle coordonne des ateliers de poésie pour les enfants et les adultes hispanophones, et organise des lectures de poèmes et des conférences littéraires. Elle a participé à l’anthologie de poésie de CasAbierta (La Plata 2020), à l’anthologie des Femmes Ecrivaines (Tucumán, 2020), à l’anthologie de la 10e rencontre des écrivains de Los Reartes (Córdoba, 2021) et à l’anthologie Bridge of Words XVIII (Santa Fe, 2021) ; elle participe à l’appel international Anthologie of World Poets 2022 Taiwanaise ; elle collabore à des blogs, des magazines numériques et des émissions de radio sur le thème de la poésie. Elle a obtenu une mention honorable au Concours international des Hespérides (Poésie 2020) pour « La mirada es un lugar » (2020). Cette année, elle a publié son recueil de poèmes « La hora suspendida » (Ediciones Hespérides).

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