Joseph Pommier

A la vue d’un sanglot
Sortant d’un visage isolé
On recherche les indices
De la présence proche
D’un malfaiteur présumé
Ou à défaut on part sur les traces
D’un agent causal plus insidieux
L’abandon le rejet
L’échec la maladie
Sont sans doute à pister
Il y a tant de raisons pour ne pas
S’encombrer d’un rire élastique

 

 

 

La rouerie d’un partenaire de poker
Laissant tout tomber pour se perdre
Dans un brouillard automnal
Sans trousse de secours
Ni vêtements de rechange
Et tenter de rejoindre la frange la plus dure
Des dominateurs spontanés

Était d’emblée incluse
Dans le tableau des risques opérationnels
Affiché à l’entrée principale du tripot

Qu’il soit l’idiot utile
Des passionnés du pire
Ne devrait surprendre
Que les vivants néophytes
Biberonnés à la bienveillance factice

 

 

L’étouffoir de l’été
Et son lot de céphalées
Rhinite asthme et asthénie

Parqué dans une pièce assombrie
A l’écart du soleil en furie
Je reste grognon éteint détruit
Éprouvant de l’antipathie
Pour toute forme d’activité

L’attente d’une pluie mythique
D’une couche de nuages prête à céder
Sa production d’eau tiédie

Devient une obsession qui touche
Même les plus endurcis

L’odeur minérale des pierres brûlantes
Le jappement des chiens errants
Quelques bruits percussifs venus d’un atelier

Peu de traces d’enthousiasme
Dans une ville guettée par l’asphyxie

Où n’apparaissent plus
Que des fantômes flétris

 

***

 

Joseph Pommier vit à Strasbourg. Il a  publié quelques poèmes dans quelques revues.

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